Sur l’île de la Martinique et plus particulièrement dans le sud, jusqu’aux années 50, la recherche de l’eau a mobilisé les énergies des communautés créoles, mettant en place toute une série de dispositifs liée à sa récupération et à sa conservation depuis les rivières et les mares.

« Cet objet, appe

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lé Manman dlo (la « déesse des eaux » de Martinique) par leurs auteurs, est lui-même constitué de plusieurs éléments hétérogènes : une cruche en terre cuite dobann, inspirée d’une forme de jarre importée massivement d’Aubagne et qui servait dans les Caraïbes à garder de l’eau au frais pendant la journée de travail ; un support circulaire de marbre, qui s’inspire des meubles à eau, des buffets couverts d’une plaque de marbre, fréquents dans les maisons coloniales, dont la froideur de la pierre conservait mieux la fraicheur de l’eau des récipients qu’on posait dessus ; un cerclage de vannerie karaïb, produite en Martinique selon une technique locale ; un collier en grèn job ou « larmes de Job », des graines sauvages à la belle couleur nacrée qu’on trouve dans les régions tropicales et dont les pauvres se servent pour faire des parures ; ou encore un globelet de plastique, importation européenne.

À travers l’association de matériaux aussi divers, Manman Dlo témoigne des mélanges, transformations et traductions qui constituent le propre de la culture créole. »
(in La Ninfa créole, Meanderings in the field of decolonial design — Field Essays 55.3, Thomas Golsenne)

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